
Juin 2026 – Esprit critique et IA générative : un colloque pour penser l’avenir de l’Université – EFELIA ANITI
Avec l’essor fulgurant des intelligences artificielles génératives, l’enseignement supérieur fait face à une question de fond : comment préserver et cultiver l’esprit critique des étudiant·es dans un environnement où ces outils deviennent omniprésents ?
C’est autour de cette question qu’EFELIA x ANITI, partenaire et soutien du projet IngéPLUS, a organisé le 26 juin 2026 à l’ENSEEIHT à Toulouse une journée de réflexion intitulée “Esprit critique & IA génératives : quel avenir pour l’Université ?”.
Une journée pour croiser les regards
Pensée comme un temps d’échange entre recherche et pratiques pédagogiques, la journée a alterné conférences et ateliers, avec des intervenant·es venus de disciplines complémentaires :
Dominique Boullier, professeur émérite à Sciences Po (CEE), a ouvert les débats avec « Reprendre la main pédagogique sur les systèmes d’IA générative », une réflexion sur la manière dont les enseignant·es peuvent reprendre l’initiative pédagogique plutôt que de subir les usages de l’IA par leurs étudiant·es.
Thierry Ménissier, professeur à l’Université Grenoble Alpes et membre d’Obvia, a proposé quant à lui une intervention intitulée « Esprit critique et IA : assumer le conflit des intelligences », une approche philosophique des tensions entre intelligence humaine et intelligence artificielle.
Mar Perez-Sanagustin, maîtresse de conférences à l’Université de Toulouse (IRIT-CNRS), a présenté des résultats de recherche concrets avec « Penser avec l’IA ou laisser l’IA penser ? Études expérimentales sur l’engagement critique envers l’IA ».
Enfin, Christophe Tilmant, de l’Université Clermont Auvergne, a abordé des enjeux plus techniques et infrastructurels avec « Des outils grand public aux infrastructures locales », interrogeant la place des solutions d’IA “clé en main” face aux alternatives développées localement par les établissements.
L’après-midi, les participants étaient dans une position « acteur » où plusieurs ateliers étaient proposés :
Repenser la relation humain-IA dans l’éducation : L’atelier « Apprendre avec l’IA : co-construire, mythe ou réalité ? » a bousculé les idées reçues. Mené par des chercheurs de la TUM University et de l’Université de Toulouse (IRIT), il a invité les participants à dépasser le simple usage passif des LLM pour co-concevoir de véritables scénarios d’apprentissage collaboratif.
Prendre le contrôle technique de ses outils : Avec l’atelier « Déployer une IA générative localement sur sa machine » animé par Christophe Tilmant (Université Clermont Auvergne), les participants sont passés à la pratique sur leur propre ordinateur. L’objectif ? Lever le voile sur les coulisses des services en ligne pour comprendre la consommation énergétique, la gestion des données et faire un premier pas vers des usages plus souverains et éclairés de l’IA.
Sensibiliser par le jeu : Enfin, l’atelier « La Bataille de l’IAG » animé par Lou Fallon et Hélène Garrit (ANITI), a misé sur la pédagogie active. Grâce à un jeu de cartes collaboratif conçu par Latitudes et Data for Good, les équipes ont pu stimuler leur esprit critique et décrypter de manière ludique 5 enjeux clés de l’IA générative : biais, environnement, désinformation, propriété intellectuelle et données privées.
Une journée ouverte à toute la communauté universitaire
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique portée par IngéPLUS et ses partenaires pour accompagner les étudiant·es et les équipes pédagogiques face aux mutations rapides du numérique éducatif. Enseignant·es du supérieur comme du secondaire, personnels pédagogiques et chercheurs ont participé à ces échanges.